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Le marché de l'emploi du marché du contrôle de gestion en 2000

CRUCIANI Mathieu
DEBEAUVAIS Jérémy
JASON Charles
LAUNAY Lucile
Maîtrise de Sciences de Gestion 1
Université de Sceaux
année 2000-2001
CRUCIANI Mathieu
DEBEAUVAIS Jérémy
JASON Charles
LAUNAY Lucile
Maîtrise de Sciences de Gestion 1
Université de Sceaux
année 2000-2001
PLANQUES Géraldine
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 2
Sommaire
Introduction ......................................................................................................................3
1 Les caractéristiques du marché de l’emploi du contrôle de gestion en 2000............5
1.1 Quels sont les secteurs qui embauchent ? ....................................................................7
1.2 Quelle est la répartition géographique pour les contrôleurs de gestion ? ......................8
1.3 Dans quels types d’entreprises le contrôleur de gestion est-il présent ?........................9
1.4 Quel est la place du contrôleur de gestion dans le secteur public ?.............................10
1.5 Quels sont les salaires moyens dans la fonction ? 10
1.6 Quel est le nombre de candidatures pour une offre ?..................................................11
1.7 La répartition hommes/femmes et moyenne d’âge.....................................................11
2 Les qualifications et le recrutement du contrôleur de gestion ..................................13
2.1 Les formations et aptitudes requises..........................................................................14
2.2 Le recrutement..........................................................................................................15
2.3 Les désirs des contrôleurs de gestion en terme de formation et d’évolution
professionnelle .................................................................................................................17
3 L’évolution du marché de l’emploi et des fonctions du contrôle de gestion ...........18
3.1 L’évolution de la fonction du contrôle de gestion......................................................19
3.2 L’évolution du marché de l’emploi ...........................................................................20
3.3 Comment se former et s’adapter aux nouvelles perspectives ?...................................22
Conclusion ...................................................................................................................... 23
Bibliographie.................................................................................................... 24
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 3
INTRODUCTION
Le contrôleur de gestion d’une manière générale est rattaché à la direction financière et au
directeur du contrôle de gestion, voire à la direction générale en structure moyenne.
Au siège, il a en charge un ou plusieurs centres de profit ou unités de production, ou domaine
d’action (l’ensemble s’il est contrôleur central). L’accent est souvent mis sur l’harmonisation
des procédures et la conception des outils de contrôle.
En unité, il est le garant du respect des procédures et responsable des informations qu’il
transmet ; son rôle d’interface avec le terrain est beaucoup plus prégnant.
Il travail selon une démarche précise :
Contrôle :
Il élabore les instruments nécessaires au suivi permanent des résultats : tableaux de bord,
procédures de recueil et de transmission des informations, programmes de traitement de
l’information (en collaboration avec les informaticiens). Il fait évoluer le système de gestion,
notamment en réduisant les délais de production des informations.
Il contrôle le respect des procédures par des unités opérationnelles qu’il suit.
Etudes, analyses :
Il mesure et analyse les écarts entre prévisions et réalisations.
Il préconise des actions correctrices.
Il réalise ponctuellement des études économiques ou financières, aussi bien macro- que
micro-économiques (étude de coûts, marges, rentabilité, opportunité d’investissements, de la
concurrence…).
Reporting :
Il conçoit, rédige et diffuse les rapports et éléments de synthèse sur les divers axes de ses
missions.
Prévision :
Il participe à l’élaboration du plan stratégique pluriannuel : prévisions annuelles au niveau de
l’entreprise, d’une ou plusieurs filiales, d’un ou plusieurs services.
Conseil :
Il assiste les directions opérationnelles pour la mise en oeuvre des procédures de contrôle, et
parfois pour leurs actions (établissement de devis par exemple).
Il intervient en tant que conseil auprès de sa direction.
En PME, la fonction est souvent cumulée avec les missions finances et comptabilités.
Dans les plus grandes entreprises, elle est assurée par divers postes :
Le contrôleur-assistant (ou contrôleur junior) a la responsabilité d’un ou deux domaines
d’activité : les tableaux de bord, l’analyse des stocks ou des frais généraux. En principe le
poste ne comporte pas l’élaboration des instruments de gestion.
Le contrôleur budgétaire : son activité est centrée sur l’élaboration des prévisions
budgétaires et sur le contrôle de leur réalisation.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 4
Le contrôleur de gestion industrielle : il est rattaché hiérarchiquement au directeur du site,
et fonctionnellement au contrôleur de gestion central (ou au directeur du contrôle de gestion).
Il est responsable de l’analyse des prix de revient, des coûts de production, des flux matières
(inventaire stock), et intervient activement dans les opérations d’amélioration de la rentabilité.
Ces missions s’ajoutent à celles d’établissement et de contrôle du budget et au reporting
périodique.
Le contrôleur de gestion commerciale : il s’attache à l’élaboration des tarifs et des marges, à
l’analyse de la rentabilité par produit, par marché, par zone ainsi qu’au contrôle des coûts de
distribution. Il intervient, en collaboration avec le directeur commercial, sur la prévision des
ventes et la définition des objectifs.
D’autre part, le marché de l’emploi se définit comme le lieu où s’effectue la rencontre entre
l’offre émanant des entreprises et la demande d’emploi qui provient, elle, des individus prêts à
travailler.
En matière de contrôle de gestion, la théorie est appliquée de façon très diverse dans les
entreprises. Il existe donc un marché de l’emploi prospère mais hétéroclite pour un personnel
de formation universitaire, commerciale et de gestion qui peut connaître des carrières
intéressantes.
La définition des termes précédents (postes et missions du contrôleur de gestion ainsi que son
marché de l’emploi), va nous permettre d’expliquer plus précisément comment le marché de
l’emploi fonctionne et évolue pour les métiers du contrôle de gestion.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 5
1 Les caractéristiques
du marché de l’emploi
du contrôle de gestion en 2000
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 6
Deux indicateurs permettent de suivre l’évolution des besoins des entreprises en contrôle de
gestion :
- les offres publiées par la presse,
- les offres confiées par les entreprises à l’APEC (Agence Pour l’Emploi des
Cadres).
Les offres publiées au cours des trois derniers mois
(novembre 2000, décembre 2000, janvier 2001)
nombre de postes et évolution par rapport aux même mois de l’année précédente
Offres Presse Offres APEC
Contrôle de gestion,
Audit 742 + 27% 885 + 55%
Toutes fonctions 24 728 + 58% 33 968 + 33%
Les offres d’emploi pour les contrôleurs de gestion ont connu une augmentation de 55 % sur
l’année 2000 en ce qui concerne les offres de l’APEC. En revanche, on note que les offres
dans la presse pour cette fonction ont augmenté moins significativement que pour l’ensemble
des fonctions de l’entreprise, puisque l’augmentation est de 27 %.
Après cette présentation générale du marché de l’emploi, nous allons étudier ce dernier selon
une sélection de critères bien précis.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 7
1.1 Quels sont les secteurs qui embauchent ?
Les secteurs qui recrutent
(Année 2000)
En étudiant ces deux graphiques, on peut noter qu’il existe un secteur supplémentaire
(activités informatiques) pour les offres de l’APEC. On peut également constater que les
pourcentages, selon la source, sont relativement semblables.
Au regard des chiffres, on s’aperçoit que la fonction contrôle de gestion est dominante dans le
secteur des services aux entreprises.
35%
23%
14%
10%
Services aux
entreprises
Industrie Commerce Banques,
Assurances
Dans la presse
32%
24%
9% 8%
6%
Services aux
entreprises
Industrie Commerce Activités
informatiques
Banques,
Assurances
A l'APEC
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 8
Les cabinets de conseil, qui représentent près de la moitié des recruteurs dans ce secteur,
embauchent dans une forte proportion des contrôleurs de gestion amenés à intervenir auprès
d’une clientèle industrielle. Ceci nous démontre donc qu’un contrôleur de gestion peut être
embauché par un cabinet pour travailler dans l’industrie.
Les pourcentages obtenus pour les services aux entreprises et pour l’industrie se recoupent.
La présence du contrôle de gestion s’amplifie dans les activités informatiques (8% pour
l’APEC), ce qui a pour conséquence de faire évoluer les caractéristiques de la fonction en
tenant compte notamment des nouvelles technologies.
1.2 Quelle est la répartition géographique pour les
contrôleurs de gestion ?
Le lieu de travail
(Année 2000)
Presse
52%
5%
43%
Ile-de-France DOM TOM, étranger Autres régions de France
APEC
55%
2%
43%
Ile-de-France DOM TOM, étranger Autres régions de France
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 9
On remarque que sur les deux graphiques la plupart des contrôleurs de gestion sont présents
de manière plus importante en Ile-de-France. On peut faire l’hypothèse que les sièges
sociaux des grandes entreprises sont souvent placés sur Paris et sa région.
D’autre part, presque la moitié des postes sont à pourvoir en Province, ils sont à dominante
«contrôle de gestion industrielle, contrôle de gestion opérationnelle et contrôle de gestion
commerciale ».
On note une faible part pour l’étranger. Cependant, la dimension internationale du contrôle
de gestion se traduit beaucoup plus, pour les cadres français, par des recrutements dans les
filiales françaises de firmes étrangères que par des propositions d’expatriations (surtout en
Allemagne et en Angleterre pour les sociétés multinationales).
En effet, tant le caractère très national des différentes comptabilités que la nécessité de
dialogue avec les cadres opérationnels de l’entreprise incite à préférer le contrôle autochtone
au contrôleur parachuté qui accréditerait l’aspect négatif et «policier » de ce poste.
Malgré cela les offres publiées dans la presse permettent de déterminer deux catégories de
postes :
- D’une part les postes dans les pays en voie de développement (Afrique
francophone le plus souvent) où il s’agit en général de pallier une absence
totale de contrôle de gestion,
- D’autre part, les postes aux Etats-Unis où dans les pays de la communauté
Européenne, où le contrôleur de gestion a, en général pour mission de mettre
en place la structure administrative et financière de la filiale. Il s’agit le plus
souvent de petites unités et, de ce fait, la responsabilité de la comptabilité
relève également de ce poste.
1.3 Dans quels types d’entreprises le contrôleur de gestion
est-il présent ?
Les opportunités se situent surtout dans les grandes et moyennes structures.
Les premières intègrent surtout des jeunes diplômés débutants et des jeunes ayant deux ou
trois ans d’expérience du contrôle de gestion, les secondes plutôt des cadres confirmés
solides professionnels maîtrisant, les rouages de la fonction, du secteur et de l’environnement
concernés.
A travers l’étude de petites annonces d’offres d’emploi concernant le contrôle de gestion
durant l’année 2000, on peut s’apercevoir qu’il existe véritablement deux filières, deux
mondes assez cloisonnés entre les multinationales et les PME-PMI.
Les firmes multinationales, et, en particulier les anglo-saxonnes, sont tenues d’être
«championnes » d’un contrôle de gestion solide et orthodoxe pour respecter la cohésion des
stratégies des filiales et l’optique de la maison mère.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 10
Ici, tout le travail de transmission des chiffres-clés (reporting) est plus lourd et doit
s’accompagner d’une formation poussée aux méthodes et au langage de la maison mère.
A la suite des entreprises de services et de conseil, la plupart des PME-PMI se dotent
maintenant d’un système de contrôle de gestion. Leur taille ne leur permet pas toujours d’y
affecter un cadre à plein temps, bien souvent, la fonction est combinée avec la comptabilité
analytique (parfois avec l’organisation ou l’informatique).
Dans ce type d’organisation, le contrôle de gestion doit être léger, basé sur la responsabilité,
or, dans les PME, le nombre de personnes exerçant des responsabilités est réduit, trois ou
quatre au maximum.
1.4 Quel est la place du contrôleur de gestion dans le
secteur public ?
Le secteur public semble soucieux de la gestion de ses fonds et bien que les conclusions du
contrôle de gestion ne nourrissent pas les réflexions des décideurs du ministère des Finances,
la plupart des établissements publics, notamment ceux à vocation culturelle ou scientifique, se
sont dotés de structures de contrôle de gestion.
D’autre part, on peut se rendre compte que dans les établissements publics, se développent, en
parallèle à une démarche marketing, des objectifs de rationalisation, de réduction des coûts
de production.
Toutefois, on peut noter que le secteur public est un appareil difficile à bousculer dans ses
habitudes et ses mentalités. C’est pourquoi le contrôle de gestion à du mal à y trouver sa
place.
1.5 Quels sont les salaires moyens dans la fonction ?
Salaires proposés dans les offres
(Année 2000)
Cadres confirmés Débutants
Contrôle de gestion 200/220 KF 160/180 KF
Toutes fonctions 200/250 KF 180/210 KF
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 11
En comparaison avec les autres fonctions, on constate que la fonction de contrôle de gestion
propose des salaires relativement moins élevés (de l’ordre de 13.6 %).
En revanche, l’augmentation quand les cadres deviennent confirmés est significative (+ 22 %
environ).
1.6 Quel est le nombre de candidatures pour une offre ?
Nombre de candidatures par offre
(Année 2000)
Le marché de l’emploi du contrôle de gestion présente une disproportion conséquente entre
l’offre et la demande par rapport au marché de l’emploi des cadres en général.
En effet, on constate que pour une offre de poste en contrôle de gestion, 63 candidatures sont
proposées, soit un chiffre 2,5 fois plus élevé par rapport à l’ensemble des fonctions.
1.7 La répartition hommes/femmes et moyenne d’âge
Proportion de femmes
(Année 2000)
D’après ces chiffres, on constate une certaine parité hommes/femmes dans la fonction
contrôle de gestion, chose qui n’est pas «respectée » pour l’ensemble des fonctions
d’encadrement.
Contrôle de gestion : 63
Toutes Fonctions : 18
Contrôle de gestion : 46 %
Toutes Fonctions : 31 %
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 12
Moyenne d’âge
(Année 2000)
La population des contrôleurs est relativement jeune par rapport au reste des fonctions.
En moyenne un contrôleur de gestion est âgé de 33 ans, alors que l’âge moyen de l’ensemble
des cadres se situe à 37 ans.
Contrôle de gestion : 33 ans
Toutes Fonctions : 37 ans
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 13
2 Les qualifications et le recrutement
du contrôleur de gestion
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 14
Au-delà de l’expérience, qu’il s’agisse de débutants ou de confirmés, un bon niveau de
formation, des connaissances spécifiques et autant de rigueur que de diplomatie, sont
incontournables pour réussir dans le poste.
2.1 Les formations et aptitudes requises
??Les diplômes demandés
Les postes sont accessibles après une formation de niveau BAC + 4 ou BAC + 5 en gestion
ou finance. Les jeunes diplômés peuvent être issus d’écoles (ESC, IAE…) ou de l’université
(MSG, DESS finance/gestion).
Pour le contrôle de gestion industrielle, des ingénieurs ayant complété leur formation par un
troisième cycle en gestion/finance sont souvent recherchés.
D’autre part, une formation comptable DECF, DESCF, devient une exigence lorsque le poste
a une forte proximité comptable, de même que la connaissance des méthodes de gestion
anglo-saxonne.
Les principales formations :
- Licences et maîtrises de Sciences-Economiques (mention Gestion),
- Maîtrise de sciences de gestion,
- IAE :Institut d’Administration des Entreprises,
- Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) contrôle de gestion et audit,
- DEA Sciences de gestion,
- Magistères spécialisés en gestion,
- Sciences politiques,
- Ecole Supérieure de Commerce (ESC),
- Mastères (titres délivrés par la conférence des Grandes Ecoles).
??Les connaissances et pratiques
Elles concernent deux domaines : l’informatique et les langues étrangères.
L’informatique, outil du contrôle de gestion est incontournable.
Le candidat doit avoir une bonne maîtrise des outils Bureautique : tableurs et bases de
données, notamment (il est nécessaire de connaître les logiciels Excel et Word).
En milieu industriel, on lui demandera parfois de co-piloter la mise en oeuvre d’une GPAO.
Savoir utiliser Access ou les progiciels ERP (SAP, Agresso…) peut constituer un atout
supplémentaire.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 15
??Les compétences et aptitudes requises
Les aptitudes exigées par les recruteurs sont d’ordre différent : grande rigueur conjuguée avec
diplomatie, capacité d’analyse et de synthèse, sens pédagogique développé.
Néanmoins, on peut également mentionner la capacité rédactionnelle, la clarté de la
démonstration, l’autonomie et la disponibilité.
En consultant différentes annonces de recrutement, on a pu constater l’utilisation des
expressions suivantes :
- « contrôleur de gestion, vous êtes la véritable conscience économique de l’usine »,
- vous avez : « un vrai pouvoir de conviction », «la passion de résultats mesurables »,
«un sens critique développé », «une capacité d’analyse pertinente »,
- vous êtes : « naturellement rigoureux et organisé », «créatif et réactif », «enthousiaste »,
et bien entendu, vous devrez faire preuve «d’ouverture aux autres », de «réelle
convivialité ».
On voit donc que le poste de contrôleur de gestion s’inscrit sur plusieurs registres nécessitant
chacun des compétences qu’il n’est pas évident de trouver réunies sur un seul individu.
2.2 Le recrutement
Le recrutement s’effectue en général soit par l’intermédiaire de l’APEC, soit par la Presse,
soit par candidature spontanée.
??Le recrutement de jeunes diplômés
Le contrôle de gestion est un métier d’entrée dans la vie active pour une proportion de
jeunes diplômés : 3 % environ toutes formations confondues et bien davantage, bien entendu,
dans les disciplines qui y préparent plus directement.
Les candidats sur un poste de contrôleur de gestion débutant sont nombreux et la concurrence
assez vive : en moyenne 125 réponses à une offre publiée par l’APEC (contre 52 % de
réponse à une offre de contrôleurs de gestion pour cadre confirmés).
La réponse à une offre d’emploi (presse APEC, …) est le premier des moyens d’obtention
d’un poste de contrôleur de gestion (30 %). La candidature spontanée (25 %) et d’autres
créneaux : stages, association d’écoles, relation personnelle, notamment, on aussi une
efficacité.
Les jeunes diplômes recrutés sur la fonction, sont à peu près à part égale, originaire d’une
université ou d’une école de commerce et gestion. Dans un cas comme dans l’autre, leur
option ou discipline dominante est la «finance comptabilité » et, dans une moindre mesure,
l’administration économique ou la gestion plus générale des entreprises.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 16
Accèdent aussi a ce type de poste, en faible proportion certes, des diplômés de toutes écoles
ou facultés : ingénieurs agro, titulaire d’une maîtrise de mathématiques, d’un DESS de
sciences humaines, d’une MIAGE, …
Avoir réalisé au moins un stage significatif (de 6 mois minimum) dans un environnement
proche de celui que veut intégrer le jeune diplômé est essentiel.
Cette nécessité est plus forte encore dans le contrôle de gestion industrielle.
Taux d’emploi selon le nombre de stages effectués
(Année 2000)
Remarquons que plus le nombre de stages effectués est élevé, plus le jeune diplômé à de
chance de se faire embaucher. Cependant, nous pouvons noter que la réalisation de stage n’est
pas forcément déterminante pour l’embauche (taux d’emploi de 80 % sans stage).
Plus de 60 % des jeunes diplômés, débutant en contrôle de gestion-audit, ont le statut cadre :
80 % démarrent avec un CDI.
??Le recrutement des cadres confirmés
Les postes s’adressant à des cadres expérimentés exigent un degré de compétences très
variable en fonction de la dimension du poste proposé. L’expérience peut être de deux à
trois ans (premier passage en cabinet) ou de cinq à dix à un poste conférant une bonne
visibilité sur la marche de l’entreprise.
Dans la majorité des cas, on demande une expérience préalable dans le domaine précis du
contrôle de gestion. Sinon, une expérience de la comptabilité et de l’audit est aussi appréciée.
Le passage par un cabinet d’audit est souvent valorisé.
Bon nombre d’annonces exigent d’avoir exercé dans un environnement industriel : certains
postes, intitulés «contrôleur de gestion industriel » sont à pourvoir au sein d’une unité de
production, d’où la nécessité pour le candidat d’avoir déjà côtoyé un tel environnement.
Cette spécificité sectorielle dépasse largement l’industrie. Les recruteurs de la distribution et
même des services s’adressent, en priorité, aux cadres issus du même milieu professionnel
que le leur : transport, immobilier, assurances, organismes de formation, …En grande
entreprise, c’est un atout de poids que d’avoir exercé dans un contexte international.
Deux raisons motivent cette exigence : on développe de plus en plus des méthodes de contrôle
de gestion spécifiques à des secteurs d’activité ; les missions confiées à un contrôleur dans
une multinationale diffèrent totalement de celles qu’il trouvera dans une PME PMI…mais,
c’est aussi la culture d’entreprise, le langage et l’univers de références des interlocuteurs qui
est alors en cause. En effet, au-delà des techniques, le contrôleur de gestion doit, désormais,
savoir s’adapter à une éthique propre à l’entreprise.
selon le nombre de stages aucun 1 2 3 4
taux d'emploi 80% 88% 87% 92% 91%
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 17
Ces deux éléments contribuent à spécialiser de plus en plus le contrôle de gestion et dans
certains cas, ils rendent l’adéquation délicate à réaliser.
2.3 Les désirs des contrôleurs de gestion en terme de
formation et d’évolution professionnelle
??Connaissances
- La comptabilité est globalement un point fort de leur formation. Alors qu’ils sont plus 80
% à juger la comptabilité importante, moins de 16% désirent une formation
complémentaire.
- Les langues vivantes sont perçues comme un point faible tout au moins pour les 45 %
qui estiment que c’est important puisque plus de la moitié d’entre eux souhaitent une
formation complémentaire.
- L’informatique est un point à améliorer sans être vraiment un point faible.
??Aptitudes
Les qualités de communication, d’ouverture, de souplesse, d’organisation et de rigueur sont
leurs préoccupations majeures.
Leurs désirs d’amélioration sont également très forts, tout particulièrement en ce qui
concerne les qualités de communication :
- 51 % des contrôleurs souhaitent développer leurs qualités de communication,
- 33 % pour les qualités d’ouverture,
- 35 % pour les qualités de souplesse,
- 32 % pour l’organisation et la rigueur.
Les contrôleurs se jugent là sans complaisance et font preuve d’une forte volonté de
progresser sur les points qui leur apparaissent capitaux.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 18
3 L’évolution du marché de l’emploi
et des fonctions
du contrôle de gestion
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 19
3.1 L’évolution de la fonction du contrôle de gestion
Il y a 30 ans le contrôle de gestion pénétrait tout juste l’industrie française. Les systèmes de
contrôle de gestion que l’on pouvait trouver à l’époque étaient conçus pour une situation
économique ou les entreprises industrielles connaissaient des taux de croissance élevés
accompagnés de gains de productivité importants.
C’est pourquoi ils présentaient en général les caractéristiques suivantes :
- ils étaient essentiellement appliqués dans les unités de production des entreprises
industrielles,
- le but principal de la procédure budgétaire annuelle était l’adaptation,
- le contrôle budgétaire des unités de fabrication était basé sur une comptabilité analytique
dont le caractère comptable était très marqué.
Si le contrôle de gestion fonctionnait dans les usines de la plupart des grandes entreprises
industrielles, par contre, on ne le trouvait qu’à l’état embryonnaire dans les sociétés de
services et il était complètement inexistant dans l’administration.
A la fin des années 60 et au début des années 70, on voit se dessiner une tentative de
développement du contrôle de gestion vers la direction «participative par objectifs » en
application des théories de sociologues tels que Herzberg, Hugues, Maslow, Mac Grégor et de
la diffusion de méthodes américaines de management par centres de profit.
Le contrôle de gestion commence à être compris comme l’instrument indispensable d’une
vraie délégation des responsabilités.
Quelques années plus tard, la première crise économique des années 75 pousse les entreprises
à s’intéresser à la mise sous contrôle de leurs frais fixes, ce qui les conduit à l’application de
méthodes d’actions sur ces frais, également importées des Etats-Unis, et notamment du
«budget base zéro ».
Mais en fait, la véritable prise de conscience de la nécessité du renouveau des techniques de
contrôle de gestion est venue au cours des années 80, suite au triomphe de l’économie
japonaise et à la découverte de ses méthodes de management : accent mis à tous les niveaux
hiérarchiques sur l’importance de la qualité, gestion de production en juste à temps, …
Aujourd’hui, l’âpreté de la concurrence ainsi que la rapidité des changements demandent
des progrès constants non seulement sur la qualité et le coût des produits mais également sur
les performances de toutes les fonctions indirectes de l’entreprise.
Il appartient donc au contrôleur de gestion de déceler et de mettre en évidence les gisements
potentiels d’accroissement de l’efficacité de ces fonctions. Ceci en incitant les responsables de
celles-ci à remettre en cause leurs méthodes de travail (par exemple en utilisant des méthodes
telles que la recherche de comparaisons significatives avec les meilleurs de la profession, ou
de professions ayant des caractéristiques comparables : c’est ce qu’on appelle le
Benchmarking).
Ainsi, le contrôleur de gestion du futur devra donc dépasser un rôle de simple fournisseur
d’informations de gestion pour exercer une fonction «d’indicateur » de changement et de
progrès.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 20
3.2 L’évolution du marché de l’emploi
Nombre de postes «presse » offerts chaque année
Années 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Ensemble du marché 58 530 40 922 29 939 38 336 48 979 48 286 73 124 92 163
Base 100 en 1991 100 70 48 65 84 82 125 157
Ensemble des postes
Comptabilité, Gestion
Financière
5 077 3 197 2 031 2 326 2 650 2 516 3 537 5 428
Postes Contrôle de
gestion, Audit
1 660 868 563 667 875 800 1 479 2 485
Base 100 en 1991 100 52 34 40 53 48 89 150
Nombre de postes APEC offerts chaque année
Années 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Ensemble du marché 29 515 24 160 23 165 28 040 34 601 45 997 62 863 82 391
Base 100 en 1991 100 82 78 95 117 156 213 279
Ensemble des postes
Comptabilité, Gestion
Financière
1 851 1 564 1 333 1 452 1 810 1 796 2 309 4 347
Postes Contrôle de
gestion, Audit
565 472 363 461 617 635 972 1 857
Base 100 en 1991 100 84 64 82 109 112 172 329
??L’essor du marché de l’emploi en fin de décennie
Le volume des offres de contrôleur de gestion et audit a atteint en 1998 son niveau record
depuis plus de 10 ans.
D’une manière générale, l’évolution des postes proposés dans la fonction suit à peu près la
tendance globale du marché de l’emploi : par rapport à l’année 1991 (base 100) le nombre de
postes (APEC) a presque triplé en l’espace de 7 ans (indice 279 pour l’ensemble du marché et
329 pour la fonction contrôle de gestion en 1998).
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 21
L’évolution et la sophistication technologique des outils constitueront, pour encore quelques
années, un motif de recrutement externe. Les compétences informatiques spécifiques
paraissent être un critère de sélection important dans de nombreuses offres. Ceci explique
peut-être le taux élevé de postes offerts aux débutants.
??Mobilité et évolution professionnelle
Cette année encore, l’amélioration de la situation de l’emploi se répercute sur les pratiques et
les intentions des cadres. La confiance retrouvée les conforte dans leur volonté de choisir la
mobilité.
1999 confirme les résultats observés l’an passé : 28 % des cadres ont pratiqué au moins une
forme de mobilité ; 18 % en restant dans la même entreprise (mobilité interne) et 10 % en en
changeant (mobilité externe).
On observe de grandes similitudes entre les groupes de cadres privilégiés par les entreprises
(dans leurs recrutements comme dans leur gestion interne ) et les groupes qui ont été mobiles
ou qui aspirent à l’être.
Mobilité des cadres
(Année 2000)
D’où viennent-ils ?
Contrôle de gestion, audit : 51%
Comptabilité : 10%
Administration, gestion, organisation : 11%
Marketing, commercial, vente : 6%
Autres : 22%
Où vont-ils ?
Contrôle de gestion, audit : 45%
Comptabilité : 7%
Administration, gestion, organisation : 21%
Marketing, commercial, vente : 7%
Autres : 20%
Nombreux sont les contrôleurs de gestion qui sont issus des fonctions comptables et
financières. Néanmoins, cette tendance diminue et on accède de plus en plus souvent
directement à cette fonction.
Fonction technique, le contrôle de gestion présente une longévité relativement importante.
Après un premier poste de trois ans en cabinet d’audit ou comme assistant du contrôle, les
cadres évoluent vers des postes de contrôle de gestion à part entière.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 22
La durée à ces postes est variable, cependant l’évolution «naturelle » vers une direction
administrative et financière ou une direction financière sera d’autant plus rapide que les
responsabilités exercées auront été variées.
3.3 Comment se former et s’adapter aux nouvelles
perspectives ?
Se former au contrôle de gestion, c’est bien sûr se tenir au courant des évolutions, des
techniques et des outils liés a la profession, mais c’est aussi se préparer à un nouveau rôle
dans l’entreprise, plus vaste et plus humble à la fois.
Une étude réalisée pour l’APEC montre la nécessité pour le contrôleur d’une triple
formation :
- en économie d’entreprise,
- en techniques (industrielle, agricole, commerciale, …),
- en traitement de l’information (comptabilité, commercial, production, …) par
l’informatique.
C’est donc une réflexion très personnalisée que chaque cadre doit mener pour définir ses
propres besoins selon ces trois axes, compte tenu de sa formation initiale et des acquis liés à
ses différentes expériences professionnelles antérieures.
A partir de l’analyse de la fonction, nous avons dégagé, outre l’utilité d’avoir exercé des
fonctions opérationnelles, la nécessité de se perfectionner :
- en gestion prévisionnelle pour s’adapter aux structures d’un contrôle décentralisé,
- en informatique pour savoir choisir et acheter les logiciels de l’entreprise, savoir suggérer
les adaptations possibles et dialoguer en bonne harmonie avec des collègues
informaticiens.
Sans maîtriser lui-même forcément la programmation, le contrôleur de gestion connaîtra un
minimum les tableurs et les possibilités offertes par l’informatique, notamment par les
réseaux.
Enfin pour assumer son rôle de collecteur d’informations et pour introduire de nouveaux
principes de contrôle et les pratiques qui y sont associées auprès des opérationnels de
l’entreprise, le contrôleur devra développer son sens de la communication et du dialogue, et
aussi densifier et nourrir son langage pour qu’il colle à l’univers de l’entreprise, qu’il soit
compris de tous et qu’il tienne compte de toutes les spécificités du secteur et de la structure de
l’entreprise dans l’élaboration des objectifs et des procédures.
Certes, tant les qualités de communication, le pouvoir de convaincre que la parfaite
compréhension d’un univers et de ses modes de fonctionnement ne s’acquièrent pas
uniquement par des formations au sens strict du terme.
Seuls l’expérience et des aptitudes à l’ouverture du dialogue y contribueront véritablement.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 23
Toutefois, des stages d’expression orale, d’initiation à la négociation et à la conduite de
réunion pourront donner au contrôleur un meilleur reflet de son comportement et de sa
perception par le groupe.
Par ailleurs, la participation à des colloques, la lecture régulière de revues spécialisées et des
études réalisées à l’APEC jetteront les premières bases d’une connaissance du secteur de
l’entreprise. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il faudra savoir aller au-delà des ces
acquis somme toute superficiels pour, dans une attitude permanente de curiosité et de
disponibilité, apprendre progressivement à s’adapter et à se faire connaître des autres.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 24
CONCLUSION
A travers l’étude du marché de l‘emploi du contrôle de gestion en 2000, on a pu se rendre
compte de l’importance grandissante du rôle de cette fonction au sein des entreprises, aussi
bien dans les PME-PMI que dans les firmes multinationales.
En effet, de nos jours, le chef d’entreprise doit confronter ses objectifs avec une réalité
économique en perpétuelle évolution, d’où l’importance de recourir à des outils
d’observation fiables et rapides utilisés par le contrôleur de gestion.
Cette importance est illustrée par le marché du travail du contrôleur de gestion qui est
particulièrement actif en fin de décennie, puisque le volume des offres de contrôleur de
gestion et audit a atteint son niveau record depuis 10 ans.
Dans cette étude du marché de l’emploi, on a pu observer que la fonction contrôle de gestion
est plutôt une fonction de passage dans une carrière. En effet, la population des contrôleurs
se renouvelle très régulièrement puisque l’âge moyen est d’environ 33 ans.
Même si l’on a vu que pour exercer la fonction de contrôle de gestion il fallait posséder un
des nombreux diplômes existant sur le marché, on peut admettre que, au vu des différentes
offres proposées par l’APEC et la Presse, le diplôme n’est pas le seul critère d’embauche.
Ainsi, l’expérience et les qualités humaines sont souvent bien plus importantes, pour les
recruteurs, que le niveau de formation.
Au regard de cette étude, on peut s’interroger sur les perspectives d’avenir du
développement du contrôle de gestion. On peut s’attendre à certaines évolutions qui auront
d’importantes conséquences sur le marché de l’emploi de la fonction.
En parlant d’évolution, cela fait évidemment allusion à l’automatisation de plus en plus
grande du traitement de l’information, notamment par la diffusion des E.I.S (executive
Information Systems ), qui permettront, dans une certaine mesure, l’analyse automatique des
résultats grâce à l’utilisation de bases de données relationnelles.
Cette évolution est aussi géographique (pour exemple les multinationales).
Les langues vivantes (au moins l’anglais) et les nouvelles technologies deviennent ainsi les
nouveaux outils à maîtriser.
De plus, capacité d’adaptation, mobilité, formation, curiosité et performance constituent les
facteurs clés de succès pour l’évolution du contrôleur sur le marché de l’emploi.
C’est donc au contrôleur de s’adapter aux nouvelles exigences de sa fonction en mutation.
Le marché de l'emploi du contrôle de gestion en 2000 25
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES :
??Les métiers du contrôle de gestion : E. Gérardin, Les éditions d’Organisation, Paris, 1996
??Contrôle de gestion et management : P.-L. Bescos / P. Dobler / C. Mendoza / G.
Naulleau : 3ème édition, Montchrestien, Paris, 1995
??Les fondements du contrôle de gestion : H. Bouquin : collection «que sais-je ? », PUF,
Paris, 1994
REVUES :
??Revue française de gestion
??Echanges
??Courrier Cadres
SITES INTERNET :
??www.apec.asso.fr
??www.lesecho.fr
??www.dfcg.asso.fr
??www.sfaf.com
ETUDES DE L’APEC
??Cadroscope 2001
??Emploi Cadre 2001
??Enquête mobilité 2000
??Jeunes diplômés 2000


 

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